Herman of the Year ! Jazz in Marciac
All About Jazz
Muse is Yaron Herman's fourth album and with it the Israeli-born/French-based pianist continues his steady progress towards a mature post-Keith Jarrett, post-Brad Mehldau style and the certainty of world ranking. Still in his late twenties, Herman set out his stall with the piano/drums duo album Takes 2 To Know 1 (Sketch, 2005), which was followed by a solo set, Variations (Laborie Records, 2006), and most recently a trio plus electronica album, A Time For Everything (Laborie Records, 2007). The new album, another trio outing, has the same personnel as its predecessor—Herman, bassist Matt Brewer and drummer Gerald Cleaver—but without an electronicist.
On the evidence of Muse, Herman's time can't be long in coming, if indeed it isn't immediately around the very next corner. The influence of Jarrett and Mehldau can still be heard, but is now more diffuse. To it can be added another resonance, Esbjorn Svensson. For along with his intense, emotionally nuanced lyricism, Herman can turn out phrases and motifs as emphatic and percussive as the late pianist's. And he does so on Muse, unaided by the electronic boosters used by the Swede. There are moments on the more passionate and fiery tracks, which make up about half of the set, when it could almost be Svensson playing, unplugged. But there's a difference. Svensson's powerfully emotional performances seemed at times to be pre-scripted, turned on and off with deliberation. Herman's passion is unlike that; it feels more organic, more in-the-moment.
In contrast to A Time For Everything, with its dollop of covers from Björk, Sting, Leonard Cohen, Britney Spears and the American songbook, Muse focuses on Herman and Brewer's writing. There are just two familiar covers, Dizzy Gillespie's "Con Alma" and Björk's "Isobel," plus one lesser-known tune each from songwriters Alexander Argov and Naomi Shemer. Argov's Middle East-inflected "Lamidbar" and Herman's "Vertigo," which are grouped one after the other, are among the highpoints of the album—urgent, visceral and giddifying.
Herman includes a string quartet on three tracks to rewarding effect. At just over three minutes, the opening title track is a brief but substantial classical piece; rhapsodic and suggesting something eventful to come. The strings are assertive and foregrounded. They are less so on "Isobel," where Cleaver's "tribal" drumbeats, reiterated throughout, provide the engine. On the haunting "Rina Balle," which closes, they morph winningly between background and foreground.
Not to be missed.
Published: July 19, 2009
Les Dernières Nouvelles du Jazz - Lionel Eskenazi
Mais les rencontres les plus importantes ont été celles avec Matt Brewer, son contrebassiste et Gerald Cleaver, son batteur, qui ont permis, depuis maintenant deux ans, la constitution d’un trio organique et interactif de tout premier plan. La force et la maturité de ce trio constituent l’atout principal de Muse, qui est déjà son quatrième album, et le deuxième en trio (l’excellent A Time for Everything a été enregistré début 2007 alors que le trio venait de se constituer). A la première écoute de ce Muse, l’auditeur est déstabilisé car Yaron Herman nous fait voyager, à travers les quatre premiers morceaux, dans quatre directions différentes. La musique classique, avec le titre Muse, où un poignant quatuor à cordes se joint aux notes solennelles et détachées de Yaron Herman. Le jazz classique avec une reprise très lyrique et très mélodique du Con Alma de Dizzy Gillespie. Le jazz d’aujourd’hui, avec ce formidable et énergique Vertigo, qui par son originalité, son dynamisme et sa ferveur, résume très bien le talent de compositeur- pianiste de Yaron ainsi que celui de ses redoutables accompagnateurs. Puis le quatrième titre qui nous propose une interprétation fougueuse du folklore juif avec Lamidbar.
Après plusieurs écoutes, on comprend très bien que la succession de ces quatre morceaux, tel quatre points cardinaux, résume la culture musicale de Yaron Herman et va nous permettre, comme s’il s’agissait d’une boussole, de nous repérer dans le disque et de pouvoir l’appréhender complètement. Pour compléter ce tableau, une composition sublime bâtie sur une phrase mélodique dissonante, d’une beauté magique et profonde (Perpetua). Une reprise de Björk (Isobel), avec une inventive intro de batterie et le retour du quatuor à cordes dans un arrangement flamboyant. Mentionnons aussi deux compositions de Matt Brewer, dont le très beau And the Rain et le morceau piano solo introspectif (Lu Yehi) où Yaron plonge avec beaucoup de sensibilité et de retenue dans 5000 ans de culture juive. Lionel Eskenazi
Progressia
La formation reste inchangée : Herman, Matt Brewer et Gerald Cleaver qui reprend sa place à la batterie (alors qu'il est remplacé par l'hirsute Tobby Crane en concert), et encore plus que sur le précédent disque, les trois hommes parlent d'une seule voix. Yaron Herman a toujours tendance à pousser la chansonnette sur son piano, il respire toujours la musique, il s'engouffre en elle. L'urgence d'une frénésie rythmique (« Vertigo », et l'exceptionnel « Lamidbar ») se fait de nouveau sentir et se fraie un chemin à travers les mélodies au piano. MCe nouvel élan va bien au-delà de la simple confirmation d'un artiste qui aurait trouvé sa voie. Herman a trouvé ses voies, ou plutôt, il les explore toutes en même temps avec une naïveté confondante. Dans ces moments de grâce, l'instabilité géniale des concerts ressurgit, en courant vers l'avant, les trois musiciens défient les lois de l'équilibre pour ne jamais retomber. La mélodie, le rythme, tout s'emballe ; en apnée, ils avancent portés juste par leur propre propos et leur inspiration qui pourrait les abandonner d'une seconde à l'autre. Et toujours, le discours tient, évolue et s'enrichit sans jamais sombrer dans la démonstration.
L'album se termine comme il commence par un voyage sur fond de cordes en velours assuré par le Quatuor Ebène, qui sort juste un peu du jazz, pour se noyer dans une musique plus méditative, évoquant un Cinematic Orchestra mobile et sensuel. Ces quelques moments disséminés le long du disque renforcent encore l'impression de maitrise insolente qui se dégage de ce jeune homme. Alors, on est prêt à tout lui pardonner, sa célébrité maintenant presque trop grande, son talent insolent pour n'avoir juste qu'à l'admirer et le voir s'envoler vers des nouveaux défis à sa mesure, qu'il abordera toujours, on l'espère, avec sa désarmante sympathie.
Mathieu Carré - Website Progressia
Libération.fr par Bruno Pfeiffer

Le pianiste le plus surnaturel de la scène actuelle du jazz s'appelle Yaron Herman. Il s'amuse avec son instrument, avec son trio et met la musique en liesse. Je saute de joie quand j'écoute ses disques. Depuis plusieurs années, les concerts du prodige né en 1981 à Tel-Aviv se retrouvent dans toutes les conversations.
Il a décroché la Victoire du Jazz de la révélation instrumentale en 2008. Il a commencé le piano à 16 ans, avec le professeur Opher Brayer, qui n'enseigne pas la musique avec les notes ou le solfège, mais avec les mathématiques appliquées à l'improvisation. “Je ne sais jamais ce qui va apparaître quand je commence à jouer. La musique prend forme au fur et à mesure. La musique du trio (avec Matt Brewer à la contrebasse et Gerald Cleaver à la batterie) a pris sa source il y a deux ans du désir commun de partir à l'aventure. Hier soir, dans la salle du Cheval Blanc de Schltigheim, des merveilles ont jailli de nos improvisations. Ce n'est pas toujours le cas.”
En juin dernier, Michel Portal a demandé à Yaron de l'accompagner aux Flâneries de Reims. Un concert hors du temps. Le saxophoniste et le pianiste ont gâté de prouesses un public en extase. Une surprise? Pas totalement. Yaron explique : “Portal ne s'attache pas davantage que moi à la partition. Il lui suffit d'écouter le thème. On s'en éloigne, l'interaction s'enclenche. La rythmique bouillonne. Aussitôt la musique s'intensifie”. Yaron et Portal sont du même bois. Celui qui élève le niveau vers le ciel. De leurs concerts surgissent des mélodies inattendues, qu'ils n'ont eux-mêmes jamais jouées, pourtant universelles et dans l'inconscient collectif. Les mélodies atendaient d'être libérées de leurs têtes par les virtuoses.
Le trio de Yaron tourne comme une planète depuis deux ans. Leurs publics ont vécu des soirées inouïes. Après A time for everything, salué partout, le brelan fantastique a choisi de produire sur son propre label Laborie, un second disque, Muse (distribué par Naïve). Servi sur quelques titres par le quatuor Ebène, écoutez le trio, encore plus décomplexé et suave qu'avant, déployer son ouragan jubilatoire. La musique est si vivante qu'il paraît présomptueux de la figer par des figures de rhétorique. Aussi voici les termes signés de l'artiste, passionnants. Ils sont joints au communiqué de presse. Pour une des rares fois où le classique communiqué apporte davantage qu'un conglomérat de louanges : place au Maestro de demain (et d'aujourd'hui), Yaron Herman...
“La musique étant par essence un mélange subtil et explosif de rigueur intellectuelle (composition, improvisation, complexité, forme), de profondeur émotionnelle (liée à l'expression) et, dans le cas particulier de l'improvisation, j'ajouterais également le rôle indispensable joué par le geste physique qui est totalement lié aux deux éléments précédents car il doit s'exécuter dans l'instant réel comme une concrétisation physique d'un processus intérieur et mental. Quand on utilise des mots pour décrire ce processus de création, j'ai toujours l'impression qu'on arrive difficilement à exprimer les choses avec précision. Comment exprimer une émotion, un son, avec des mots? Devenir poète ? C'est certes une possibilité. Mais la musique contient déjà en elle-même cette poésie qui transcende les mots. C'est donc à cause des limites du langage que j'ai toujours préféré penser que la musique parlait d'elle-même. Elle n'avait pas besoin de moi pour la justifier ou l'expliquer. (...)
Dès la première fois où nous avons joué ensemble, j'ai réalisé le potentiel de notre trio. Quand nous

avons enregistré A time for everything, nous ne nous étions jamais encore produits en concert ensemble. Matt et Gerald se connaissaient de réputation mais n'avaient jamais joué tous les deux. Nous sommes partis à l'aventure et nous avons été ravis du résultat, tout en nous demandant comment notre musique évoluerait après des mois de tournées. L'année qui a suivi nous a permis de mieux apprendre à nous connaitre et, au fur et à mesure des tournées, nous sentions que la musique prenait une autre dimension et s'intensifiait à chaque concert. Concerts qui n'étaient d'ailleurs jamais semblables. Tous les trois, nous estimons que la vraie essence du jazz n'est pas "playing it safe" mais plutôt d'essayer d'aller plus loin dans la musique à chaque fois. Ceci nous a permis de trouver notre propre univers et un son de groupe de plus en plus personnel.
La musique de cet album fut en majeure partie composée en tournée: dans des avions, trains, chambres d'hôtels et quelques cafés. Pour moi, elle est intimement liée au voyage: en étant sur la route notre état d'esprit change, on ne voit pas les mêmes choses, ni les choses de la même manière. On s'affranchit de l'emprise du temps sur notre quotidien, on se libère d'un certain poids et on se projette autrement sur ce que nous vivons.
Une citation du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein suggère que si : "L'on considère l'éternité non pas comme du temps infini mais comme l'absence du temps, alors celui qui vit dans le présent vit dans l'éternité". La recherche d'un improvisateur de jazz est particulièrement paradoxale car le jazz, et plus précisément l'improvisation, est par définition une musique de l'instant (composée et exécutée en temps réel) qui aspire à toucher l’éternel. Chaque moment est unique, il ne se répétera jamais, ce qui demande à l'improvisateur averti un degré de conscience aigu. L’artiste doit trouver les graines d'éternité qui se cachent dans ces instants éphémères. La sincérité devient essentielle. L'improvisation peut nous permettre justement d'atteindre ces instants magiques où le temps disparaît et au cours desquels nous sommes face à quelque chose qui est profondément lié au présent mais qui appartient également à l'éternel, au perpétuel, qui a toujours été là en réalité. Le temps extérieur s'efface comme dans un voyage et il ne reste plus que la musique. Comme disait le saxophoniste Charlie Parker: "Now's the time" (C'est maintenant ou jamais). C'est cette recherche interminable à laquelle nous nous livrons sur Muse.
Je vous avais prévenu que je parlais bien mieux avec mon piano. Il ne me reste qu'à espérer que ma musique, où que vous soyez, vous procure ne serait-ce qu'un instant ce que nous ressentons en jouant : le plaisir de l'absence du temps.”
Ça le fait, non ?
Yaron Herman joue le 9 mars au Théâtre des Champs-Elysées.
• Bruno Pfeiffer •
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Le Poing et La Plume - William Irigoyen
Un livre, une pièce, un film, une exposition, un concert ... ça heurte, ça blesse, ça donne la nausée, ça endort ... ça réconcilie avec la vie, ça anéantit la monotonie du quotidien, ça crée de l'harmonie, ça élève l'âme ... Voici mes coups de poing, mes coups de colère mais aussi mes coups de foudre ... Parlons culture ... entre autre ...
Yaron Herman, Interview
Je vous avais déjà parlé, dans une chronique
précédente, de Yaron Herman ... le même revient cette
fois avec un nouvel opus dont je ne saurais trop vous
recommander l'écoute tant il est il est vrai que ce
pianiste a vraiment un talent exponentiel ...
Inutile de tourner autour du pot : « Muse »
est une merveille ... Comme dans le précédent album,
Yaron Herman fait montre d'une audace inouïe, à moins
qu'il ne s'agisse là d'une sorte de folie inspirée ...
accompagné de Matt Brewer à la basse et Gerald Cleaver
à la batterie, Yaron Herman surprend, déroute ...
jamais là où on l'attend ... je l'avais trouvé électron
libre dans « A time for everything » ... je
le retrouve ici un peu plus apaisé mais toujours avec
la même soif de chercher pour combler son auditeur de
surprises en tout genre ... Yaron Herman est sans aucun
doute un travailleur infatigable ...
Premier morceau et titre du CD, « Muse » est
une pure merveille magnifiquement servie par cette
apparition de violons qui permet d'oublier en quelques
secondes les petits tracas de la vie quotidienne pour
s'envoler vers des horizons plus ouverts ... hormis
« Muse » j'ai été vraiment subjugué par
« Perpetua », « Joya » et
« And the rain » ...
Ajouté à cela que j'ai eu l'immense honneur de pouvoir
interviewer Yaron Herman à Paris il y a quelques jours
... mais je préférais attendre d'avoir le CD avant de
mettre tout cela en ligne ...
Ce sacré Monsieur me fait l'effet d'être un garçon
facile d'accès, l'œil rigolard derrière ses
lunettes carrées noires ... il parle de la musique sans
masque, sans volonté de plonger son interlocuteur dans
l'embarras, d'utiliser un vocabulaire abscons ou
prendre des pauses de maestro ... petit rappel tout de
même : Yaron Herman aura 28 ans cette année ... il
vient de se produire avec Michel Portal non loin de
Strasbourg ... il a appris le piano à 16 ans ...
qu'ajouter de plus ?
Cette photo, qui me semble ancienne, résume assez pour
moi le personnage même si je me garderai bien de dire
des choses définitives sur Yaron Herman ...
Photo N/B
La rencontre fut donc magique pour moi ...
J'espère que vous aurez ce sentiment vous aussi ...
Ah, j'allais oublier : Yaron Herman est actuellement en
tournée mondiale ... Il passera prochainement près de
chez vous, c'est sûr (>
Lien vers les dates de concerts) ... Achetez le CD,
écoutez-le en boucle comme je le fais depuis deux jours
...
J'ai vraiment une profonde admiration pour ce pianiste
hors du commun ...
Bonne écoute et à bientôt, le temps d'aller respirer un
peu l'air des montagnes françaises ...
Interview Yaron sur l’excellent
blog de William Irigoyen / Arte TV
http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getHomePage
Music Story
Deuxième volet
des très riches et sensibles aventures du Yaron Herman
Trio, après A Time For
Everything, déjà salué en
2006 comme un disque majeur du jazz européen. Le
pianiste, dil y a peu de temps honoré d’une
Victoire de la Musique (révélation du jazz instrumental
en 2008), et théoricien d’une technique
d’improvisation (real time
composition) qui commence à
faire école, a conservé à ses côtés son équipe
initiale.
Le plaisir est donc naturel (comme cette musique, en
fait) de retrouver ici le contrebassiste Matt Brewer
qui, à pas trente ans, a déjà croisé la route du
pianiste de jazz cubain Gonzalo Rubalcaba, ou du
saxophoniste ténor Mark Turner, et de Gérald Cleaver à
la batterie, brillant accompagnateur du chanteur
américain Jimmy Scott. Ce processus créatif à trois
têtes se renforce sporadiquement (sur trois pièces,
dont une reprise de l’ « Isobel »
de
Björk), des cordes du Quatuor Ébène, manifestement peu
effarouché de la transition des œuvres de Haydn au
jazz.
Majoritairement constitué de compositions originales
(on relève toutefois une reprise émouvante du
« Con
Alma » de Dizzy
Gillespie, ainsi qu’une partition attribuée à
Naomi Shemer, sans nul doute figure prééminente de la
chanson israélienne), Muse
épate par la
joie manifeste de jouer qui exsude de chaque mesure. Du
propre aveu du pianiste, ces thèmes, composés dans la
fébrilité des tournées, posent en fragiles instants de
grâce ces moments d’éternité, qui meurent dans la
beauté de l’instant, pour ressusciter grâce à la
sensibilité des trois artistes.
On ressent davantage qu’une simple complicité et
complémentarité se glisser dans ces instants
d’équilibre et de sensibilité, mais bien une
réelle amitié, sans laquelle la musique la plus
performante n’est qu’un exercice de style.
Dans la configuration fort périlleuse (et fort courue)
du trio, cette formation s’impose d’ores et
déjà comme un atout européen de ce jazz continental,
qui n’en finit pas de nous de réserver de bien
élégantes surprises.
Christian Larrède
Jazz Podium
Reverse Magazine
Pour lire l’article...cliquez ici...ReverseMagazine
hifipiac.hu (Hungary)
Első szóló albuma "Variations" címmel jelent meg a Laborie Jazz Records gondozásában, ezt követte az idei év októberében a második korong a "A Time For Everything". Az albumon a jazz érában a legnépszerűbb hangszer felállású (piano-nagybőgő-dob) trió dolgozik, nem kisebb tagokkal, mint dobos Gerald Cleaver (aki Miroslav Vitous-sal, Matthew Shipp-pel és Jacky Terrasson-nal is játszott már együtt) és a nagybőgős Matt Brewer (aki tagja Gonzalo Rubalcas új quintetjének).
Az albumon 14 felvétel kapott helyet valamivel több, mint 65 perc terjedelemben. A szerzemények széles stílus skálát átfogó igen gazdag repertoárt képviselnek. Egyből nyitásként a Björk-től ismert "Army Of Me"-t hallhatjuk. De a zenei kalandozásnak ezzel korán sincs vége, mert itt van még a populáris oldalról a "Toxic" (Britney Spears), a "Message In A Bottle" (Sting). Az említett felvételekkel nem az olcsó népszerűség keresése a cél, inkább egy hídépítés a különböző stílusok között. Híd amelyen keresztül a populárisabb műfaj kedvelői átjuthatnak a jazz vagy a klasszikus "partra".
Yaron Herman különleges játéktechnikával bíró zongoristaként és komponistaként is sokat tett egy igényes lemez megszületéséért. Az "A Time For Everything"-en található művek felét ő jegyzi zeneszerzőként.
A korongon egy olyan szerzemény is hallható ("Interlude") melynek megszületésénél a trió mind a három tagja jelen volt. Az albumot egy Leonard Cohen klasszikus a "Hallelujah" zárja.
Akinek szerencséje van az a triót élőben is hallhatja, mert egy 2007. őszétől 2008. nyaráig tartó európai, lemezbemutató turnén vesznek részt.
Megjelenés éve: 2007.
Kiadó: Laborie Records
Jazz & Tzaz (Greece)
Θα μπορούσε να φορά τη φανέλα της Μακάμπι, αν δεν είχε σταματήσει το μπάσκετ στα δεκάξι του εξαιτίας ενός τραυματισμού. Ο αναπάντεχος αποχαιρετισμός στον αθλητισμό τον έκανε να ασχοληθεί με τη μουσική και άρχισε τα μαθήματα πιάνου. Σε δυο μόλις χρόνια ο Yaron Herman ήταν έτοιμος να συνεχίσει τις σπουδές του στο Berklee της Βοστόνης. Αλλά το ανταγωνιστικό πανεπιστημιακό περιβάλλον τον απώθησε και δύο μήνες μετά βρισκόταν ήδη εν πτήσει προς Τελ Αβιβ με ενδιάμεσο σταθμό το Παρίσι. Μια χιονοθύελλα ανάγκασε το σκάφος να διανυκτερεύσει εκεί. Μετά από μια βόλτα στην πόλη ο νεαρός πιανίστας βρέθηκε σε ένα τζαμ σέσιον, ανέβηκε στη σκηνή και έπαιξε το “Whisper Not” του Benny Golson. Του πρότειναν να μείνει για λίγες μέρες και να παίξει με ένα σχήμα που είχε μείνει από πιανίστα. Σε λίγο καιρό, μόνιμος κάτοικος του Παρισιού πλέον, ηχογραφούσε το πρώτο του CD με ένα ντούο που σχημάτισε με τον ντράμερ Sylvain Ghio, και το 2005 το σόλο πιάνο άλμπουμ “Variations”.
Η καινούρια του δουλειά, με τρίο αυτή τη φορά, όπου μπασίστας είναι ο Matt Brewer (που έπαιξε στο “Channel Three” του Greg Osby, με τον οποίο τον είδαμε πριν μερικά χρόνια στο Half Note) και ντράμερ ο Gerald Cleaver (για χρόνια στο γκρουπ του Matthew Shipp), είναι εκείνη που πιθανότατα θα του ανοίξει νέες πόρτες και σε Ευρώπη και σε Αμερική. Ο Herman με απόηχους στα πλήκτρα του από Keith Jarrett, Brad Mehldau και Ethan Iverson, έφτιαξε ένα άλμπουμ όπου με δικές του συνθέσεις αλλά και διασχίζοντας την κλασική μουσική, στάνταρντς, σύγχρονα ποπ και ροκ τραγούδια, αποτυπώνει μια μοντέρνα, πανοραμική αισθητική για το πιάνο τρίο, ανάλογη με αυτή των Bad Plus και των Bandwagon του Jason Moran. Έτσι στο εύλογα τιτλοφορημένο “A Time for Everything” θα συναντήσουμε το “Πρελούδιο Νο 2 σε Σι ύφεση” του Σκριάμπιν, το παραδοσιακό εβραϊκό τραγούδι “Layla Layla”, το κλασικό “In the wee small hours of the morning”, το “Army of me” της Bjork, το “Message in a bottle” των Police, το “Hallelujah” του Leonard Cohen. Κι αν έχουμε ακούσει Cindy Lauper από τον Miles Davis, Abba από τους Sex Mob και Madonna από τον Bill Frisell, ήλθε η ώρα να ακούσουμε τη τζαζ εκδοχή του “Toxic” της Britney Spears (!). Το διάφανο πιάνο του Ηerman μπροστά από τον γεμάτο σύμβολα, λέξεις και συνθήματα τοίχο στο εξώφυλλο του CD, αφήνει να εννοηθεί ότι είναι ανοιχτό κυριολεκτικά σε οτιδήποτε και ότι καθετί μπορεί να αποτελέσει ερέθισμα και να μετουσιωθεί σε τέχνη μέσα από τον αυτοσχεδιασμό.
from Vangelis Aragiannis
Jazz & Tzaz (www.jazzntzaz.gr)
Yaron Herman - Le Journal du Médecin
Article publié le lundi 10 décembre 2007.
"A time for Everything" , dernier enregistrement du pianiste Yaron Herman est un album qui se prend en pleine figure comme une gifle, aussi décoiffant qu’un vent de force sept, rehaussé du souffle chaud du sirocco méditerranéen. Jolies images pour décrire une seule et même chose : la musique de cet album ne laisse personne indifférent.
Un piano, une basse et une batterie : un trio presque classique dans sa structure, sauf qu’avec Yaron Herman, rien n’est jamais totalement académique, ni tout a fait soft. Que ce soit au niveau du tempo, du choix des morceaux, ou du passage régulier de pièces bourrées de dynamite, à de superbes ballades, l’album déborde d’une énergie omniprésente, à peine tempérée par les soupirs et murmures inspirés de Keith Jarrett.
Ce jeune artiste, super doué, né à Tel-Aviv, est arrivé au piano presque par hasard, impressionnant rapidement son professeur par sa maîtrise de l’instrument, sa haute technicité, et ce sens de l’improvisation, que seuls les tout grands du jazz possèdent naturellement.
Un envol d’Israël vers la Berklee School, un temps d’attente trop long pour accéder aux cours des maîtres de l’Université, la jeunesse, le froid et la nostalgie du pays inciteront Yaron à regagner sa terre natale. Mais une étape technique de son avion, un peu prolongée à Paris, un regard féminin, la découverte de la scène jazz de la ville Lumière, transformeront une visite d’une semaine, en un séjour de quatre ans. Le temps nécessaire pour apprendre, assimiler, se mesurer aux autres artistes avant de s’embarquer dans une carrière solo et internationale.
"A Time for Everything” est un superbe album, varié et riche de découvertes techniques et jazzistiques, un album digne des grands improvisateurs que peuvent être Jacky Terrasson et E.S.T.. Mais là s’arrête la comparaison, car Yaron Herman possède une personnalité artistique propre, une richesse humaine et un jeu charismatique qui évite évidemment tous racolages.
Un enregistrement délirant, à écouter très très fort, afin de vibrer simultanément avec les cordes du piano, ou de mieux ressentir encore les performances du bassiste et du batteur, autres pièces maîtresses du trio.
Que ce soit dans des reprises de Léonard Cohen, de Sting, de Björk, ou dans ses superbes compostions personnelles, Yaron Herman et "A Time for everything" ne vous lasseront jamais, et ce, de la première à la centième écoute.
La classe des grands tout simplement.
Etienne Payen Pour le Journal du médecin belgique
Yaron Herman - Choc Jazzman de l'année !
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article dans la section Download-Dossier de Presse
2007
Yaron Herman dans la playlist Air France
L’ESPRIT JAZZ
(Par Frédéric Charbaut)
Programmation Janvier/Février 2008
Artiste Titre Label
MANU KATCHE MORNING JOY ECM
MARIO BONDI THIS IS WHAT YOU ARE EMI
PAT MORAN COME RAIN OR COME SHINE FRESH SOUND
MOLLY JOHNSON LET’S WASTE SOME TIME VERVE
EDOUARD FERLET ROUE LIBRE MELISSE
LEDISI (TRIBUTE TO ELLA) BLUES IN THE NIGHT VERVE
TORD GUSTAVSEN BLESSED FEET ECM
MAVIS STAPLES EYES ON THE PRIZE ANTI RECORDS
E.S.T. 800 STREETS BY FEET ACT
MARK MURPHY LOVE IS WHAT STAYS EMARCY
ERIC LEGNINI REFLECTION LABEL BLEU
VIKTORIA TOLSTOY DON’T MAKE ME WAIT ACT
KENNY BURRELL SOPHISTICATED LADY BLUE NOTE
DEE DEE BRIDGEWATER FOUR WOMEN VERVE
YARON HERMAN LAYLA LAYLA LABORIE
RIGMOR GUSTAFSSON STILL ACT
STEFANO DI BATTISTA I STILL LOVE YOU BLUE NOTE
CURTIS STIGERS SAN DIEGO SERENADE CONCORD
HERBIE HANCOCK BOTH SIDES NOW VERVE
KURT ELLING AND WE WILL FLY CONCORD
MOUTIN REUNION KUKI’S DANCE NOCTURNE
JONI MITCHELL THIS PLACE UNIVERSAL
JAMES BROWN FOR ONCE IN MY LIFE UNIVERSAL
Yaron Herman in The Guardian !
Friday November 30, 2007
The Guardian
This album is almost a masterclass in the contemporary trio. In one package, pianist Herman crams powerful originals, straight-ahead swingers, sensitive balladry, Monk pastiche, electronics, a standard, ingenious pop covers and a prayer-like solo cover of Leonard Cohen's Hallelujah, throwing in a bit of free improv and Scriabin along the way. Herman shows a gift for deconstructing recent hits for Björk and Britney. Both Army of Me and Toxic have rhythmic twists that suit Herman's propulsive style, and a harmonic simplicity that is echoed in originals such as Paluszki. His reinvention of the Police's Message in a Bottle works less well. The trio is completed by Matt Brewer (bass) and Gerald Cleveland (drums), featured to great effect on a brief jazz headbanger called El Toro and on the album's "secret" track. But is there A Time for Everything? The pick and mix aspect means that we never learn where Herman's heart lies
Album of the week on the Jazz.co.uk
Israeli-born Herman began playing piano only at the age of 16, using a revolutionary technique. Now ten years later he is on to his second solo album with A Time for Everything using a trio format, his music has brought comparisons to artists as varied as E.S.T., Bjork and Jeff Buckley.
http://www.the-jazz.co.uk/article.asp?id=427219
Yaron Herman - Le Point
Yaron Herman dans La Croix
Yaron Herman dans Elle
Yaron Herman dans l'Humanité
Les 5 disques Cultes de Yaron
Yaron Herman in All About Jazz
Yaron Herman Trio | Laborie Records (2007)
By John Kelman comments
A Time for Everything
Yaron Herman Trio | Laborie Records (2007)
By John Kelman comments
Sometimes the power of a back story can eclipse the music it supports. For Israeli-born pianist Yaron Herman it’s a close call, but A Time for Everything is such a refreshing and multifaceted album that a little background is necessary. Herman, still in his mid-twenties, began playing piano at sixteen, a shift in focus resulting from an unexpected basketball accident that put an end to his sporting aspirations. The sports world’s loss became the music world’s gain when, after only two years of an unorthodox multi-disciplinary teaching method, Herman left to study at the Berklee College of Music. Dissatisfied, Herman left after two months, with a return trip stop-over in Paris turning into an extended stay as Herman quickly established himself as the up-and-coming pianist on the Parisian jazz scene.
A Time for Everything is Herman’s third release as a leader and his first in a trio setting, but he already possesses not just a mature voice, but one that marries a firm grasp of the tradition (his effortlessly swinging “Stompin,” with its touch of stride, and the equally swinging blues, “Monkey in Paradise”) with a youthful mindset that will
appeal to both traditionalists and those with a more modernistic bent. Any album with a song list ranging from Scriabine to Sting, Leonard Cohen to Björk, and the Great American Songbook to—yes, you read that right— Britney Spears, is an album that is, at the very least, worth some attention.
That Herman—alongside bassist Matt Brewer and ubiquitous drummer Gerald Cleaver—can find merit in Spears’ simple pop confection (“Toxic”) only means that he hears potential in just about anything. But unlike other bands that deconstruct popular contemporary songs, there’s no sign of shtick or artifice to be found.
“Message in a Bottle” begins with the sound of someone searching through a radio dial and ultimately finding a fiery intro that only gradually reveals the familiar arpeggios that define this staple from The Police. Cleaver grooves more definitively than The Police’s Stewart Copeland ever did, while Herman marries reverence with liberal reharmonization.
Herman is undeniably informed by many of the usual suspects, ranging from Jarrett to Mehldau. But his ability to run the gamut from assertive and edgy playing on Björk’s “Army of Me,” to European neoclassicism on the
fiery rubato original, “MMM,” spare, dark-hued elegance on “Nishima” and an understated solo look at Leonard Cohen’s enduring “Hallelujah”—leading to a sublime coda where Herman’s playing is enhanced by his trio’s subtle colorations—demonstrates a player whose distinctive voice is already well-formed.
Occasional sound designs by Jean Pierre Taïeb broaden the textural scope without intruding on the trio’s clear simpatico. From a dramatic yet poignant take on “In the Wee Small Hours of the Morning” to “Layla Layla,” which references Herman’s cultural roots, A Time for Everything is a success from start to finish.
Reinforcing Herman’s reputation, and deserving to further raise the profile of this rapidly emerging and remarkable talent,
everything is, indeed, possible.
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Yaron Herman - Choc JazzMan
Yaron Herman - Disque d'Emoi !
Yaron Herman dans TGV Magazine
Concert avec Michel Portal
Pianomajeur.net
Ecrit par Cecil Ameil le 17-02-2007
Flagey, 14 décembre 2006
On ne le connaissait pas, on n’en avait jamais entendu parler ; pourtant il a déjà fait grand bruit dans les milieux Jazz de Paris. Un jeune pianiste de la génération de Baptiste Trotignon et Jacky Terrasson qui vient se produire seul sur la scène bruxelloise et pour la première fois, sans la même aura médiatique mais précédé de critiques enthousiastes, cela était déjà un objet de curiosité.
Le jeune homme à la démarche souple qui vient s’assoir directement au piano sans piper mot, entre tout entier dans la musique et nous entraîne dans son sillage s’appelle Yaron Herman, il est Israélien, il a 25 ans. Les auditeurs qui l’entendaient pour la première fois ce jeudi de décembre 2006 ont vécu une expérience assez extraordinaire pendant 75 minutes de lyrisme débordant, dans une immersion quasi-totale.
Comme d’autres pianistes de jazz, Yaron joue sans amplification, son jeu est ainsi dépourvu de l’artifice électronique surdimensionné décidément pénible que nous imposent nombre de duos et trios de jazz qui se produisent en salle. Le Studio 1 du Flagey se prête tellement bien à cette intimité naturelle, la salle est petite, le son réverbère déjà beaucoup – presque trop (le bois est omniprésent).
A l’écoute des harmoniques d’un piano dépouillé de ces oripeaux et, surtout, en découvrant la concentration très expressive (quelles mimiques !) d’un musicien qui ne cherche pas à séduire le public mais utilise manifestement la scène comme le théâtre de ses frasques musicales, il nous est venu à l’esprit qu’un trio avec contrebasse et percussion trouverait également son compte à nous proposer une formule acoustique que l’on n’entent que trop rarement, parfois aux Jazz Marathon du Printemps. Malgré les écarts dynamiques des trois instruments, une disposition idoine qui ne soit pas inutilement tournée vers le public mais concentrée sur elle-même permettrait d’établir un bel équilibre sonore sans sombrer dans la soupe électronique habituelle : sous les doigts de Yaron Herman, on a ainsi pu imaginer le piano en trait d’union d’une contrebasse placée en avant-scène et de percussions sises en arrière, les musiciens tournés sur eux-mêmes et engagés dans un dialogue approfondi.
Yaron Herman nous évoquait tout cela, tant son approche mêle pulsation rythmique et legato chantant, sans pourtant sacrifier à la lisibilité sonore de l’ensemble. Les couleurs de son piano sont multiples et le plaisir des oreilles total.
Aux standards de Thelonious Monk, de ‘Summertime’ et ‘Moon River’ mais également dans le sillage de Gabriel Fauré et Sting, il a ajouté des crus de son chai. On a immédiatement été séduit par un discours puissant et très musical, introduit d’accords parfois saisissants (dans Moon River, magnifique), empli d’une matière sonore conduite par une ligne mélodique très expressive (dans Monk, par exemple) et constitué d’effets sonores multiples qui ne sombrent jamais dans une répétition stérile. Le plus spectaculaire, il faut le concéder, fut d’assister à l’ivresse du pianiste qui le conduit à jouer debout pour donner plus de présence à son jeu, à sauter devant son clavier par souci d’expressivité corporelle, ou encore à passer du temps à taper dans l’âme de l’instrument pour produire des phrases entières à la John Cage, et pas seulement pour des effets sonores en forme de gadget.
En définitive, Yaron Herman fait montre d’une énergie stupéfiante qui s’appuie manifestement sur une concentration très intense, le son jaillissant du fond d’une extrême intériorité – presque comme une transe ; ce qui nous fait dire qu’il sait très bien où il va, même dans l’improvisation. Il vous invite dans un monde surgi d’une inspiration musicale sans relâche et vous livre alors des confidences débridées, mais sans impudeur ; très simplement, naturel. On en sort bouleversé.
Yaron First Review in Holland !
YARON HERMAN OFFERS SEDUCTIVE, TRANSPARENT WORLD OF MUSIC
Volkskrant Décember 21st 2006
After the encore you could have dropped a needle in the Bimhuis. Not because pianist Yaron Herman played a bad concert but because it was beautiful. For a few more minutes the audience could remain in Herman's seductive, transparent world of music, before the applause and cheering brought back daily reality. It was almost a shame to break this moment of silence that should have lasted an eternity. The few people that came to listen to the solo concert of this relatively unknown pianist will be able to say later that they was actually there: at Herman's Dutch debut. It won't take long before his concerts will be sold out. From the moment on where Mehldau will become a little boring, Jarret won't be heard at all over here and other American colleagues will become too smooth, there will be this 25 year old Parisian, born in Tel Aviv and dropout of the famous Berklee School of Music.
Jarret is a great inspiration for Herman (including pulling faces, humming along and standing up while performing) but he has his own sound. His timing is relaxed, sometimes hanging in there heavily. He incorporates classical technique in his playing but this seems to come more from modern work, with more weight, than from the 19th century that is so beloved by jazz pianists. The unraveling of known jazz standards and pop classics has been done by musicians since years now, but it never sounded so exciting and compelling as with Herman. Searching and improvising he creates orchestrations filled with powerful images and a subtle sense of humor. He would let the grand piano roar, buzz and flash without showing off on purpose. The carefully focused energy is a parallel with the best pop music of this moment.
Yaron Herman is truly contemporary.
KOEN SCHOUTEN
Le boudoir de Proust
Venu au piano vers seize ans seulement, Yaron Herman a
mis les bouchées doubles pour rattraper le temps
perdu : après un bref crochet par Boston, le jeune
pianiste se fixe à Paris où il accumule les
distinctions, donne des conférences à la Sorbonne et
enregistre son premier disque, Takes 2 To Know 1 pour
Sketch. Aujourd’hui, Herman a vingt-quatre ans et
publie ses Variations en solo sur le label
Laborie.
En moins de huit ans, le pianiste de Tel-Aviv vient
d’accomplir ce que beaucoup rêveraient
d’accomplir en une vie. De quoi intriguer
Marcel...
Le
bonheur musical parfait...
Un bon silence bien placé.
En
tant que musicien, j’ai été le plus
heureux...
Quand j’ai compris qu’il était possible de
transformer les gens et se transformer soi-même par le
seul pouvoir de la musique.
Le
trait principal de ma musique...
Justement l’absence de trait principal ! Ou
que, dans ma musique, tout peut arriver, il n’y a
pas de limite...
Si
je devais changer une chose dans ma
musique...
Ma musique change tout le temps. Je déteste me répéter.
Cela dit, les seuls véritables changements qu’on
peut faire sont en nous-même, en tant qu’êtres
humains. Et c’est ce qui se sent dans ce que nous
jouons ; les choix que nous faisons.
Ma
plus grande peur quand je joue
Je n’ai pas peur quand je joue. La peur est liée
à la volonté d’impressionner, donc à la
possibilité de décevoir. Quand on « ne joue pas
pour ça », c’est plus facile d’être
soi-même...
Ce
que j’ai réussi le mieux dans ma vie
musicale...
Etre constant dans mes efforts et rester honnête avec
moi-même.

Yaron Herman © P. Audoux/Vues sur
Scènes
Mon
plus grand regret musical...
Ne pas avoir joué avec
Miles,
ne pas avoir pris des cours de composition avec
Schoenberg
et ne jamais avoir pu boire un coup avec
Glenn Gould.
Je
rêve de jouer...
... avec
Wayne Shorter
et de remplacer
Danilo Perez
(comme la quasi totalité des pianistes de la
terre !).
La
qualité que je préfère chez un
musicien...
Ouverture d’esprit et honnêteté.
Mon
instrument préféré...
Le piano !
Les
musiques que j’aime par-dessus
tout...
Toutes les musiques qui me touchent.
Mes
héros musiciens...
Keith Jarrett,
Bud Powell,
Thelonious Monk,
Chick Corea,
Herbie Hancock,
Bill Evans,
John Coltrane,
Miles Davis,
Ornette Coleman,
Wayne Shorter,
Charles Mingus,
Paul Bley,
Brad Mehldau...
Mes
disques de chevet...
Question trop difficile : je n’en ai pas.
La
chanson que je siffle sous ma
douche...
Tout ce que j’ai pu entendre le jour-même :
aussi bien Lulu d’Alban
Berg
que
Jennifer...
Hihihi !
Ma
note favorite...
Les notes que je ne paie pas.
En
musique, je déteste par-dessus
tout...
La superficialité et l’absence de swing.
Mes
peintres favoris...
Pollock
et
Kandinsky.
Mes
films cultes...
Citizen Kane, et La vie de Brian des
Monty Python.
Mes
auteurs favoris...
Henry Miller,
Nietzsche,
Kafka,
Gogol...
Ma
boisson préférée...
Comme j’essaie d’arrêter le Coca-Cola, je
dirais le whisky (modérément) !
Mon
plat préféré...
Le schnitzel de ma maman.
Mon
occupation favorite...
Réfléchir.
Le
don de la nature que je voudrais
avoir...
Pouvoir faire des dunks [1]
comme
Vince Carter.
Le
morceau que je veux pour mon
enterrement...
Ahh, je préfère ne pas y penser, merci (sauriez-vous
quelque chose que j’ignore ?).
L’état
présent de ma démarche musicale...
Rechercher et approfondir ma
musique.
[1]
Au basket, coup spectaculaire consistant à rabattre
violemment le ballon dans le panier.
NDLR.
Chronicart
| Yaron Herman - Variations |
De Yaron Herman, on avait gardé le souvenir d'un admirable premier album sur Sketch en duo avec le batteur Sylvain Ghio, Takes 2 to know 1 : lyrique, inventif, percutant, jarrettien, son jeu de piano nous avait époustouflé, et l'on n'avait pas hésité une seconde à inscrire son nom sur nos tablettes dans la catégorie des jeunes artistes les plus prometteurs de l'époque. Inutile de dire, donc, combien on était impatient de l'entendre en solo, à l'occasion de la naissance d'un nouveau label monté par le centre culturel de La Borie (et nommé, donc, "Laborie"). Après deux ou trois pistes, on est convaincu que la première impression était la bonne ; et après deux ou trois écoutes, on est tout prêt à faire de Variations l'un des meilleurs albums de piano solo de l'année. Comme toujours chez ce surdoué, le projet et la structure de l'album sont dûment intellectualisés, presque conceptualisés (grand amateur de mathématiques et de philosophie, Herman a poussé le goût de la théorisation jusqu'à inventer une méthode d'improvisation, la "Real Time Composition", qui lui a valu d'être invité par Laurent Cugny à animer des conférences sur le sujet) : trois thèmes offrent la piste de départ pour une série de variations plus ou moins ouvertement improvisées, à quoi s'ajoutent en fin d'album une reprise de Sting (Fragile) et le splendide Hommage à Francis Paudras de Clare Fischer. Au coeur du disque donc, Gershwin (l'inévitable Summertime, qu'Herman parvient à pousser vers des chemins inédits), Fauré (Libera me) et un traditionnel juif (Ose shalom) ; à partir de chacune de ces partitions, le pianiste construit trois ensembles splendides et extrêmement cohérents, où se repère à peu près partout l'influence majeure de Keith Jarrett, dans le touché autant que dans le lyrisme, les arabesques dans l'aigu, la main gauche qui rythme comme un métronome dans le bas du clavier, le goût de la "belle" mélodie, une manière de construire les improvisations ou l'énergie de passages extrêmement puissants. Les clins d'oeil sont d'ailleurs explicites (on jurerait par moments entendre le Köln concert dans Jerusalem of gold, et Facing you dans… Facing him). Mais plus qu'un clone surdoué du maître américain, Yaron Herman confirme ici les promesses de Takes 2 to know 1 et s'impose, osons les superlatifs, comme le jeune (il est né en 1981) pianiste le plus attachant, prometteur et magique du moment. Et probablement de ceux qui vont suivre.
Bernard Quiriny
Haaretz.com

| Yaron
Herman: "Music is supposed to convey a state of
being... That is what gets people excited."
(Orly Dahan)
|
| Zen and the
art of piano playing
|
ByBen Shalev
Many musicians spend their entire career without hearing music lovers debate the quality of their music. For pianist Yaron Herman, five minutes of playing were enough. Four months ago he was a guest in the final section of a performance by saxophonist Albert Beger and Italian drummer Roberto Dani, at the Jazz Festival in the Tel Aviv Cinematheque. Beger and Dani are very dominant musicians, but the moment that Herman began playing, their presence onstage was almost forgotten. The young pianist changed the nature of the music entirely, and the dissonant and choppy sounds that had filled the stage during the hour before his appearance melted into a harmonic and flowing musical drama. Beger and Dani looked somewhat shocked: At first they tried to blend in, but they gave up very quickly. Nobody in the audience seemed to remain indifferent to Herman. Some were enthusiastic about his playing, but there were others who had reservations about what they saw as his "hostile takeover" of the performance. "That wasn't arrogance, that was lack of fear," explains Herman in a telephone interview from Paris, where he has been living for the past four years. "When I play I'm not afraid of anything, and at that moment I thought that the right thing to do was to interrupt the flow of the performance, to turn it into something else. It didn't work they way I thought it would. The other musicians didn't cooperate. In effect, the lack of coordination was so great, that it was wonderful. But let's stop discussing that performance, it's such a marginal detail. I'm amazed that they're making such a big deal of it."
Herman prefers to tell, for example, about his trip to China about two weeks ago, in which he was the first jazz pianist to play in the Forbidden City in Beijing. The appearances in China were a continuation of a performance he gave at the classical music festival in Toulouse, which every year invites a jazz pianist to participate. Two years ago it was Chick Corea, last year Brad Mehldau - and this year it was Herman, which indicates the great respect that France has for the 24-year-old Israeli pianist. "The visit to Beijing was fascinating," Herman relates. "In China there is no tradition of jazz, and the audience there does not have knowledge like that of people in the West. The people who attended my concert were like children who discover something new: attentive, warm and curious. There was amazing energy there, and after the performance they invited me to come back next year and to perform in another six cities in China, including Shanghai and Hong Kong."Eastern philosophy Yaron Herman began to play only eight years ago, when he was 16. Until then his world was mainly basketball: He was a player on the cadets' team in star Tal Burstein's first line-up. "And then, fortunately, I was injured," he says. "I couldn't continue with basketball, and I began to think about what I wanted to do with my life." He decided to study piano and in his searches for a teacher ended with Ofer Breyer, who has taught some of the outstanding musicians among the younger generation of Israeli jazz players (for example, pianist Anat Fort) and is known for his unconventional methods. The first meeting was somewhat traumatic, recalls Hermon. "He asked me to play something for him, I fooled around with some notes, and he simply sat there and remained silent. After two minutes of silence he asked, 'Do you have any brothers?' I didn't understand what he wanted from me. 'Yes, three,' I said. Another moment of silence passed, and then he asked: 'Do you beat them up?' I think that he was trying to create a provocation in order to find some sort of sensitivity." During the following lessons the piano remained closed. "All we did was talk," says Herman, "and all the time, in the background, I heard very soft and hypnotic music. In the end I asked him what it was, he said it was 'The Koln Concert' by Keith Jarrett, and then we started to work. As opposed to most teachers, Ofer didn't teach me scales or sight reading. His method focuses on maximizing one's personal potential. He claims that in order to be a good musician you have to have three things, which he calls IQ, EQ and 'OQ' - intelligence, emotion and an obsession for music." Breyer recommended that Herman become familiar with Eastern philosophies, spoke to him about mathematical models relating to music, "and mainly taught me how to work on myself, to get rid of all kinds of fears," says Herman. He played eight hours a day, trying to internalize the styles of the great jazz pianists, and also read books about Zen. "I was a kind of sponge," he says. Wasn't it too much for a 17 year-old? "Not at all. We live in a culture that sanctifies only knowledge, but knowledge is only one variable in the equation. The second variable, the really important one, is experience. The more you increase it, the more room there is for knowledge. It's like water and a glass. The larger the glass, the more room there is for water." Herman began to perform in cafes and clubs, played with classmates from the Alon School in Ramat Hasharon, and after graduating decided to go to the United States. He arrived in Boston and deliberated between the Berkley School of Music and the New England Conservatory of Music. "But it didn't feel right to me," he says, "maybe because I don't manage in a student milieu. I always feel very lonely."A fateful night He decided to return to Israel. The charter flight included a stop in Paris, and due to a snowstorm, Herman was forced to spend the night in the city. "I thought, if this mishap has already occurred, let's go and play at some jam session. What do I have to lose? I'm not a big fan of jam sessions, but tomorrow I'm leaving, who cares about me? I found a club, I went onstage, I think I played 'Whisper Not' [a standard of saxophonist Benny Golson - B.S.] and people around me got excited. Two musicians came up to me, asked who I was and said they had performances and their pianist was out of town. 'If you stay,' they said, 'we'll pay your ticket to Israel. We'll take care of everything.' I was supposed to stay in Paris for a week, and I've been here now for four years." He started to perform in a rather unusual place - an empty apartment that had been taken over by young squatters. "I performed there every week, solo, and people started to come. A rumor began in the city that a crazy pianist was playing in the basement," he says. During the years that Herman has been living in Paris he has performed in Israel several times. His most memorable performance was a concert three years ago, in which he did free interpretations of some of the standard old favorites of Israeli music. "The performances at the Tel Aviv Museum of Art were an amazing experience, with a great deal of emotion," says Nitzan Kremer, the musical director of that concert series. The widow of Israeli composer Sasha Argov was in the audience, and when Yaron and his partners played 'Zemer ahava layam' ["Love Song to the Sea"], she began to cry." One of Herman's partners in the concert was saxophonist Raphael Imbert, who together with him today is now running the Newtopia ensemble, which will be arriving next week for five performances in Israel as part of the Hot Jazz program. The first performance will be next Tuesday (June 20) at the Camelot Club in Herzliya, and it will be followed on Wednesday at the Gerard Bechar Center in Jerusalem on Thursday, and Friday at the Tel Aviv Museum, and on Saturday at the Abba Hushi House in Haifa. Newtopia was born of an encounter between Herman and Imbert, "which occurred at one of the innumerable jazz festivals that take place in France," says Herman. "The click was immediate. We understood at once that we share the same values." What are those values? "The understanding that music is not only notes, certainly not only technique. Music is supposed to convey a state of being, which you can achieve if you as an artist work on yourself. That is what gets people excited by music. John Coltrane is the best example: He looked for the situation in which he was connected to some process that was located deep inside him. In other words, and I know that this will sound like a cliche - both Raphael and I think that music touches on something sacred." Imbert told Herman that in Marseille, where he lives, he had a group of outstanding students, who would be interested in playing with the ensemble that the two wanted to start. "I thought to myself, 'Students - how good could they be?' But when I heard them, I received the shock of my life," says Herman. That's how the Newtopia group was created. It was afterward joined by the excellent South African saxophonist and singer Zim Ngqawana, who will also be arriving for the upcoming performances in Israel. The main part of the performances here will be devoted to the work "La Suite Elegiaque" (Elegiac Suite), which was written by Imbert in the wake of his mother's death from cancer. "It lasts for about an hour, has four parts, and deals with mourning and with emerging from mourning," Herman explains. The rest of the concert will be devoted to performances of great Israel songs (apparently including the song "Halikha lekesariya" ("Walking to Caesarea," by Hannah Szenes, more commonly known as "Eli, Eli"), in the spirit of a concert of three years ago. Herman: "These are songs that are part of me, that remind me of home, and I have come to realize that people in France and in Europe are moved by them. That doesn't surprise me. These songs have a very song emotional core. This is very sensitive music, which has a great deal of history - music that tells the story of a nation. You don't have to know the story in order to be moved by it.
Concert in Scharfrichterhaus - Passau
Rhythmische Überraschungen
Pianist Yaron Hermann gastiert im Passauer Scharfrichterhaus: Alles entwickelt sich während des Spiels

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Lässt die Zuhörer am
Innersten der Klänge teilhaben: Yaron Hermann aus
Israel. (Foto: Warmuth) |
Nach Enrico Pieranunzi, der im November letzten Jahres stark beeindrucken konnte, gastierte nun mit Yaron Hermann wieder ein Solo-Pianist der ganz exklusiven Art im Passauer Scharfrichterhaus. Denn der erst 24-jährige gebürtige Israeli, der seit vier Jahren Paris zu seiner Wahlheimat auserkoren hat, bestach vor vollem Haus durch seine ganz eigene und persönliche Art, die verschiedensten Stile und Musikepochen miteinander zu verknüpfen. Bei Hermann wirkt selbst die Verbindung der stärksten stilistischen Gegensätze harmonisch und bildet ein gesamtes Ganzes. Nichts wirkt aufgesetzt, nichts gekünstelt. Alles entwickelt sich während des Spiels und das ist sein Erfolgsrezept. Wenn er beispielsweise seine Improvisationen mit neoimpressionistischen Klängen beginnt, die Debussy ins Gedächtnis rufen, dann während des Aufbaus des Spannungsbogens raffiniert synkopierte Komplementärrhythmen entwickelt, auch vor wohlklingenden Terz- und Sextparallelen nicht zurückschreckt und schließlich in neoromantischen Figurationen wieder zur Ruhe mahnt, über die er mit der rechten hand auch mal die Melodie von Gershwins „Summertime“ legt, dann birgt das zweifelsohne den Reiz des Außergewöhnlichen. Durch solche Verbindungen verfremdet Hermann bekannte Melodien harmonisch reizvoll und lässt sie sozusagen in einem ganz anderen, oft völlig neuen Licht erblühen. Selbst ein wunderschön romantisch intoniertes „Moon River“ ist bei Hermann nicht vor kleinen harmonischen und rhythmischen Überraschungen geschützt und gerade das macht sein Spiel so spannend. Zudem weist Hermann die Fähigkeit auf, den Tönen in sehr innigen Passagen wirklich Raum zur Entfaltung zu geben, und damit die Zuhörer sozusagen am Innersten der Klänge teilhaben zu lassen. Faszinierend ist aber auch, mit welcher Leidenschaft der Pianist sein Spiel grimassenschneidend durchlebt. Das Publikum war zurecht begeistert und gab sich erst nach zwei Zugaben zufrieden. Stefan Rimek
Communiqué de Presse / La Borie
Piano aux Jacobins
Dans Foutraque.com / Dr Bou

Mon premier grand choc en jazz fut l’écoute de La Scala de Keith Jarrett. Deux morceaux d’une incroyable sensibilité, d’une incroyable densité, à la croisée du classique, du jazz et de l’improvisation. Une œuvre fœtale, unique, qui appelle, encore aujourd’hui, tous mes sens quand je l’écoute. Malheureusement, je n’ai jamais vu Keith Jarrett en concert. Un petit regret qui fut dernièrement effacé par le concert de Yaron Herman à la Cité de l’Espace, organisé dans le cadre du festival Piano Aux Jacobins. Rarement un concert de jazz ne m’aura bouleversé, transporté avec autant de force et de conviction.
Peu connu du grand public, Yaron Herman n’a, pour l’instant, sorti qu’un album, It Takes 2 To Know 1 en compagnie du batteur français Sylvain Ghio. Réalisé il y a deux ans, ce disque montrait déjà tout le talent de son auteur, reconnu pour la finesse de son touché. Ce soir là, à la Cité de l’Espace, solitaire, le pianiste israélien a touché les étoiles de notre cœur par la magie de son interprétation, par son talent pour manier les ambiances, qu’elles soient classiques ou jazz. Phrasés limpides, improvisation à fleur de peau, Yaron a fait vibrer son piano comme aucun autre, en combinant parties rythmiques et élans sporadiques. Spectacle autant auditif que visuel, le pianiste n’a cessé durant le concert de bouger, gémir ou faire des grimaces. Une externalisation de sa sensibilité, jamais autiste, mais bel et bien tournée vers son public. Frissons, plaisirs, douceurs, voluptés, tout y passa durant deux heures. Des morceaux plus blues voire ragtime, aux compositions free jazz. De standards mondialement connus aux compositions personnelles improvisées. Vous décrire un tel concert avec de simples phrases relève de l’impossible tant sa musique, son art, vont au-delà des simples mots. Beauté, passion, virtuosité, autant de qualificatifs qui n’égaleront jamais ce précieux instant d’écoute.
La seule ombre au tableau fut d’avoir convié à ce concert intimiste une caméra. Cette dernière filma de bout en bout, et souvent conjointement, le visage de Yaron Herman et ses doigts sur le clavier en gros plans. Projetées sur un écran géant placé au-dessus du piano, les images de l’artiste n’apportèrent aucun supplément au concert et parasitèrent quelque peu la musique. On aurait aimé n’avoir rien que le piano noir laqué et voir l’artiste, seul et unique, s’agiter.
Le concert se termina après trois rappels devant un public plus que comblé. Preuve d’humilité, Yaron salua la salle en la remerciant et salua également son piano, prouvant qu’un pianiste doit tout autant à son génie qu’à son instrument. Ce soir là, je n’avais toujours pas vu Keith Jarrett, mais j’avais assisté sans doute à l’un des plus beaux concerts de cette année.
www.pianojacobins.com
www.deghelt-productions.com/yaron-herman.html



